Prise de position du PLR.Les Libéraux-Radicaux – Femmes Suisse
Prévenir les féminicides – Protéger la liberté, prendre la succession de ses responsabilités
Introduction
La liberté est le fondement de notre société libérale. Mais la liberté n’est réelle que là où les personnes peuvent vivre en sécurité. Quiconque doit craindre la violence n’est pas libre. Les féminicides – le meurtre de femmes dans le contexte de violences liées au genre et, le plus souvent, au sein du couple – constituent la violation la plus brutale de ce principe.
En Suisse aussi, des femmes sont tuées parce qu’elles sont des femmes – souvent par des hommes de leur entourage le plus proche. Ces actes ne constituent ni des exceptions tragiques ni un drame privé. Ils représentent une atteinte au droit à la vie, à la sécurité et à la liberté de chaque individu. Les féminicides détruisent des vies, des familles et la confiance dans l’État de droit.
Les Femmes du PLR.Les Libéraux-Radicaux de Suisse en sont convaincues : quiconque prend la liberté au sérieux ne doit pas relativiser ce sujet. La violence à l’égard des femmes n’est ni un sujet marginal ni un débat idéologique, mais une question de sécurité publique et de responsabilité au regard de l’État de droit. Protéger les femmes contre la violence, c’est protéger la liberté – et protéger la liberté est un devoir libéral.
Champ d’action n° 1 : des faits plutôt que l’indifférence – instaurer la transparence
Une politique libérale repose sur des faits. Or, c’est précisément en ce qui concerne la forme la plus extrême de violence à l’égard des femmes qu’il manque encore aujourd’hui en Suisse un élément fondamental : une statistique officielle sur les féminicides.
Ce que nous savons :
- La majorité des homicides commis dans un contexte domestique concerne des femmes.
- Dans la plupart des cas, les auteurs sont des partenaires actuels ou anciens.
- Selon les analyses menées par des instituts de recherche et les médias, en Suisse, une femme est tuée en moyenne toutes les une à deux semaines par un homme de son entourage.
Ce que nous ne savons pas :
- Combien de ces actes sont clairement motivés par des raisons liées au genre.
- Quels sont les facteurs de risque qui se combinent le plus fréquemment.
- Quelles mesures s’avèrent réellement efficaces.
Notre position : pour prévenir les féminicides, il faut les rendre visibles. Les Femmes du PLR.Les Libéraux-Radicaux de Suisse réclament un recensement uniforme à l’échelle nationale, ventilé par sexe, des homicides commis à l’encontre des femmes. Non pas pour des raisons idéologiques, mais parce que la prévention reste aveugle sans données.
Champ d’action n° 2 : la protection plutôt que l’idéologie – intervenir à un stade précoce
Les féminicides s’annoncent. Menaces, escalade de la violence, harcèlement obsessionnel, antécédents de violence : dans de nombreux cas, tous ces éléments sont connus avant que le crime ne soit commis. Pourtant, la protection intervient souvent trop tard.
La réalité :
- Les victimes s’adressent souvent à plusieurs reprises à la police, aux autorités ou aux services spécialisés.
- Des instruments de protection existent, mais leur application varie d’un canton à l’autre.
- Les lieux d’accueil et les services spécialisés atteignent régulièrement leurs limites de capacité.
Notre position : l’État de droit doit se montrer fort là où des vies sont menacées. Non pas par une politique symbolique, mais grâce à des instruments efficaces. Les mesures de protection doivent être mises en œuvre rapidement, de manière coordonnée et cohérente – quel que soit le canton de résidence et même au-delà des frontières cantonales.
Pour cela, il faut :
- Des procédures claires pour les cas à haut risque.
- Une collaboration efficace, y compris intercantonale, entre la police, la justice et les services spécialisés.
- Des offres de protection accessibles et faciles à solliciter.
- Les personnes en danger ont besoin d’aide – et non de débats sur les compétences.
Champ d’action 3 : La prévention plutôt que l’escalade – Prendre la succession de ses responsabilités dès le début
La violence ne surgit pas du jour au lendemain. Elle se développe au fil des années – dans les relations, dans les schémas de conflit, dans l’incapacité à résoudre les différends sans recourir à la violence. La prévention n’est donc pas un simple « plus », mais un travail de sécurité.
Notre position : un État libéral mise sur la prévention, car elle est efficace. Une sensibilisation précoce renforce la responsabilité individuelle et empêche les escalades avant que la police et la justice ne doivent intervenir.
Nous nous engageons en faveur de :
- Un travail de prévention définitif dans les écoles et les établissements de formation.
- Une information sur les signaux d’alerte de la violence.
- Des programmes d’intervention précoce – y compris auprès des auteurs.
- La prévention de la violence protège les victimes et allège la charge qui pèse sur l’État à long terme.
Domaine d’action n° 4 : fermer les yeux n’est pas une option – sanctionner systématiquement la violence
La violence à l’égard des femmes est un crime grave et doit être systématiquement sanctionnée. Il s’agit avant tout d’empêcher que de tels crimes ne se produisent et de détecter à temps les signes d’une escalade de la violence. La propension croissante à la violence ne doit pas être sous-estimée et doit être empêchée par tous les moyens et avec toute la fermeté nécessaire. Ces mesures préventives doivent être efficaces, notamment en présence de différences culturelles.
Si des cas de violence domestique et de féminicides surviennent malgré tout, la Suisse, en tant qu’État de droit, doit défendre sa crédibilité : les mesures de protection et les peines prévues par la loi doivent être appliquées de manière systématique. L’infraction pénale de «violence domestique» doit figurer dans la liste des motifs d’expulsion ; les cas de rigueur ne doivent pas constituer la règle, mais bien l’exception absolue.
Notre position : tolérance zéro envers la violence – dans le plein respect des principes de l’État de droit. Le droit pénal, la protection contre la violence et les instruments existants doivent être appliqués de manière cohérente. Ce ne sont pas davantage de lois qui sont nécessaires, mais une mise en œuvre rigoureuse de celles qui existent déjà.
Sources (références)
Office fédéral de la statistique (OFS) : Statistiques policières de la criminalité, violence domestique
Bureau fédéral de l’égalité entre femmes et hommes (BFEG)
Dossier de la SRF « Les féminicides en Suisse »
Plateforme nationale « Stop au féminicide »